Nous avons pris connaissance de l’arrêté du 3 Août 2012 par voie de presse. Nous ne pouvons que déplorer la volonté de la préfecture et de Smurfit de passer en force dans ce dossier. En prenant ce nouvel arrêté, la préfecture fait deux choses : elle rend possible la volonté de l’industriel de rejeter l’intégralité de la cuve remplie de liqueur noire dans l’océan et elle rend caduque le référé posé par les professionnels, les associations environnementales du bassin et Surfrider Foundation Europe. En stratège, nous pouvons dire que c’est un superbe coup. En tant que citoyen nous sommes écœurés par la méthode. Nous jouons dans les règles depuis le début dans cette histoire. Nous attaquons l’arrêté au TA et au moment où l’industriel peut être contraint à changer ses plans, on nous pond une nouvelle règle qui rend l’ancienne obsolète donc inattaquable.

Nous prenons acte de plusieurs choses. La première c’est que l’arrêté du 9 Juillet n’a plus lieu d’être et donc qu’il est vain de s’entêter dans un référé qui conteste un texte qui n’est plus en vigueur. La seconde c’est que depuis le début, nous sommes dans le flou. La multiplication des réunions (CLIS, SIBA etc) n’a servi qu’à gagner du temps pour Smurfit et la DREAL. Nous en tenons pour preuve cette mauvaise volonté affichée par SMURFIT et la préfecture lorsqu’il s’agit de nous fournir des pièces dans ce dossier. Vous connaissez cette phrase : « Nul n’est censé ignorer la loi en France », mais si vous cherchez les arrêtés préfectoraux régulant l’activité de Smurfit à Biganos, on a l’impression d’être dans les 12 travaux d’Astérix. Nous vous mettons au défi de les obtenir via les procédures normales. Au-delà de la lourdeur administrative, nous avons bien une mauvaise volonté affichée par les autorités publiques pour nous fournir nos textes de loi.

Nous avons pris un coup sur la tête depuis le 3 Août. Mais nous tenons à signaler à toutes les personnes qui ont cru très malin de polluer volontairement notre océan que les gens se sentent concernés par ce qui se passe. Comme le disent les africains de l’ouest, « seules les montagnes ne se rencontrent pas », il y aura une deuxième manche à ça. Pour les élus du bassin, incroyablement passifs depuis le début, cela commencera par les jours de marché, les rencontres en villes et in fine les élections municipales. Pour l’industriel, incroyablement cynique, ça passera par des piqures de rappel et nous l'espérons un procés.